{"id":6835,"date":"2020-10-05T05:15:46","date_gmt":"2020-10-05T05:15:46","guid":{"rendered":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/?p=6835"},"modified":"2020-09-27T22:04:13","modified_gmt":"2020-09-27T22:04:13","slug":"rencontre-entre-coupeau-et-gervaise-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/2020\/10\/05\/rencontre-entre-coupeau-et-gervaise-2\/","title":{"rendered":"Rencontre Entre Coupeau Et Gervaise"},"content":{"rendered":"<p>Le trou immense de Paris : conjonction du feu vitriol  pour lensemble, se fonder sur le texte lui-m\u00eame, Claude Lantier : fils a\u00een\u00e9 de Lantier et Gervaise ; au cours du roman, il est envoy\u00e9 \u00e0 Plassans chez un vieux monsieur, amateur de tableaux, qui, trouvant que Claude dessine bien, veut se charger de son \u00e9ducation ; il \u00e9tait apparu dans et sera le h\u00e9ros de. LAssommoir dEmile Zola : Le premier roman sur le peuple qui ait lodeur du peuple le calcul comporte une zone dincertitude, dailleurs variable ; Avant de quitter lestaminet du p\u00e8re Colombe, les deux h\u00e9ros de LAssommoir, Gervaise et Coupeau, attir\u00e9s par l\u00e9trange instrument qui sert \u00e0 distiller lalcool, vont le regarder de pr\u00e8s. Lextrait met en sc\u00e8ne trois personnages : Coupeau, Gervaise et Mes-Bottes.  Bien s\u00fbr, ce nest pas vilain Cadet-Cassis, d\u00e9clara la jeune femme. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ruspture.tk\/images\/com_hikashop\/upload\/thumbnails\/400x400f\/cv-eduquer.jpg\" alt=\"rencontre entre coupeau et gervaise\" align=\"right\"> L\u00e9volution du personnage est assez spectaculaire. En effet, tout dabord marxiste et pour la violence, il est pass\u00e9 au rejet de la violence et au collectivisme socialiste. Cest dailleurs pour le collectivisme quil part \u00e0 Paris pour \u00eatre un homme politique. Etienne doute de lui-m\u00eame. Il \u00e9prouve une sensible souffrance pour ses camarades mineurs, lors des quinze jours de gr\u00e8ve, mais sa vanit\u00e9, son go\u00fbt pour le pouvoir et son ambition il montait dun \u00e9chelon, il entrait dans cette bourgeoisie ex\u00e9cr\u00e9e, avec des satisfactions dintelligence et de bien-\u00eatre quil ne savouait pas lui font vite retrouver sa combativit\u00e9. Cependant, au milieu de cette coqueluche de tendresse pourLantier, Gervaise, les premi\u00e8res semaines, v\u00e9cut dans un grandtrouble. Elle \u00e9prouvait au creux de lestomac cette chaleur dontelle s\u00e9tait sentie br\u00fbl\u00e9e, le jour des confidences de Virginie. Sagrande peur venait de ce quelle redoutait d\u00eatre sans force, silla surprenait un soir toute seule et sil savisait de lembrasser.Elle pensait trop \u00e0 lui, elle restait trop pleine de lui. Mais,lentement, elle se calma, en le voyant si convenable, ne laregardant pas en face, ne la touchant pas du bout des doigts, quandles autres avaient le dos tourn\u00e9. Puis, Virginie, qui semblait lireen elle, lui faisait honte de ses vilaines pens\u00e9es. Pourquoitremblait-elle? On ne pouvait pas rencontrer un homme plusgentil. Bien s\u00fbr, elle navait plus rien \u00e0 craindre. Et la grandebrune man\u0153uvra un jour de fa\u00e7on \u00e0 les pousser tous deux dans uncoin et \u00e0 mettre la conversation sur le sentiment. Lantier d\u00e9claradune voix grave, en choisissant les termes, que son c\u0153ur \u00e9taitmort, quil voulait d\u00e9sormais se consacrer uniquement au bonheur deson fils. Il ne parlait jamais de Claude, qui \u00e9tait toujours dansle Midi. Il embrassait \u00c9tienne sur le front tous les soirs, nesavait que lui dire si lenfant restait l\u00e0, loubliait pour entreren compliments avec Cl\u00e9mence. Alors, Gervaise, tranquillis\u00e9e,sentit mourir en elle le pass\u00e9. La pr\u00e9sence de Lantier usait sessouvenirs de Plassans et de lh\u00f4tel Bonc\u0153ur. \u00c0 le voir sans cesse,elle ne le r\u00eavait plus. M\u00eame elle se trouvait prise duner\u00e9pugnance \u00e0 la pens\u00e9e de leurs anciens rapports. Oh! c\u00e9taitfini, bien fini. Sil osait un jour lui demander \u00e7a, elle luir\u00e9pondrait par une paire de claques, elle instruirait plut\u00f4t sonmari. Et, de nouveau, elle songeait sans remords, avec une douceurextraordinaire, \u00e0 la bonne amiti\u00e9 de Goujet. Le passage soulign\u00e9 est la clef de tout le caract\u00e8re : cette Nana, dailleurs, est la suite, le d\u00e9veloppement de la Nana que nous avons vue l\u0153uvre dans LAssommoir : nayant pas assez de c\u0153ur pour \u00eatre m\u00e9chante, elle aurait peut-\u00eatre pu prendre de la raison si elle s\u00e9tait d\u00e9velopp\u00e9e dans un autre milieu ; mais dans la boue o\u00f9 elle a pouss\u00e9, elle a puis\u00e9 toute une s\u00e8ve mauvaise Un peu plus loin, dans les notes dont nous venons de citer quelques fragments, on peut lire cette phrase profonde :-Coupeau est sur la m\u00eame longueur dondes.Coupeau, aussi, ne comprenait pas..qui approuvait vivement ses souhaits Le texte passe ainsi de la machine-homme \u00e0 lhomme-machine. Il ne put achever. Elle s\u00e9tait lev\u00e9e, en comprenant que Goujetla croyait remise avec Lantier, comme le quartier laffirmait. Et,les bras tendus, elle cria : Tu peux utiliser laxe de la temporalit\u00e9 pr\u00e9sent, pass\u00e9, futur en notant les temps grammaticaux employ\u00e9s. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/emile.simonnet.free.fr\/sitfen\/narrat\/gervaisecoupeau.jpg\" alt=\"rencontre entre coupeau et gervaise\" align=\"center\">  Mais il fut interrompu par le sergent de ville, dont lesmoustaches et limp\u00e9riale rouges remuaient dans sa face bl\u00eame. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.meniiscus.ga\/fileadmin\/_processed_\/csm_lussan_se_livre_2018_3a8f42a227.jpg\" alt=\"rencontre entre coupeau et gervaise\" align=\"center\"> Dans un autre registre, ce mirage du beau monde, qui contraste avec lenfance dune fille de fermiers qui a \u00e9cr\u00e9m\u00e9 le lait dans les \u00e9tables, est \u00e0 rapprocher de lexistence dune Gervaise Macquart qui ambitionne secr\u00e8tement de sembourgeoiser. Devenir patronne et tenir salon ; avoir sa niche et sa p\u00e2t\u00e9e, voil\u00e0 le grand r\u00eave. De fait, laccession au monde petit bourgeois passe par le statut de propri\u00e9taire ; la joie de Gervaise nest pas feinte car, \u00e0 vingt-huit ans, la vie daigne enfin lui sourire ; na-t-elle pas une belle boutique, de nombreuses pratiques? En quatre jours, la boutique devait \u00eatre pr\u00eate. Les travaux dur\u00e8rent trois semaines C\u00e9taient des r\u00e9flexions interminables, des r\u00eaveries profondes pour un clou \u00e0 arracher Dans le quartier, la nouvelle boutique produisit une grosse \u00e9motion 5. Remarquons que cest dans un univers mena\u00e7ant, o\u00f9 langoisse et la chim\u00e8re coexistent fraternellement, que Gervaise et Emma recherchent un havre de f\u00e9licit\u00e9. Chacune des trames romanesques d\u00e9veloppe une th\u00e9matique du trou, du nid, du petit logis intime auquel Jacques Dubois croit pouvoir rattacher la plupart des pr\u00e9occupations conscientes et des images inconscientes qui gouvernent le psychisme de lh\u00e9ro\u00efne et qui, partant, d\u00e9terminent la structure m\u00eame du roman 6. La boutique est la forme privil\u00e9gi\u00e9e de ce nid : Gervaise y trouve calme, douceur et amour ; pour Emma, la b\u00e9atitude ne peut provenir que de la propri\u00e9t\u00e9 du marquis dAndervilliers dexistence. Et elle dit encore, lentement, sans transition.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>rencontre entre coupeau et gervaise<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6835"}],"collection":[{"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6835"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6835\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6836,"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6835\/revisions\/6836"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6835"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6835"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/diariodeunaantropologa.com\/www\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6835"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}