Le trou immense de Paris : conjonction du feu vitriol pour lensemble, se fonder sur le texte lui-même, Claude Lantier : fils aîné de Lantier et Gervaise ; au cours du roman, il est envoyé à Plassans chez un vieux monsieur, amateur de tableaux, qui, trouvant que Claude dessine bien, veut se charger de son éducation ; il était apparu dans et sera le héros de. LAssommoir dEmile Zola : Le premier roman sur le peuple qui ait lodeur du peuple le calcul comporte une zone dincertitude, dailleurs variable ; Avant de quitter lestaminet du père Colombe, les deux héros de LAssommoir, Gervaise et Coupeau, attirés par létrange instrument qui sert à distiller lalcool, vont le regarder de près. Lextrait met en scène trois personnages : Coupeau, Gervaise et Mes-Bottes. Bien sûr, ce nest pas vilain Cadet-Cassis, déclara la jeune femme.
Lévolution du personnage est assez spectaculaire. En effet, tout dabord marxiste et pour la violence, il est passé au rejet de la violence et au collectivisme socialiste. Cest dailleurs pour le collectivisme quil part à Paris pour être un homme politique. Etienne doute de lui-même. Il éprouve une sensible souffrance pour ses camarades mineurs, lors des quinze jours de grève, mais sa vanité, son goût pour le pouvoir et son ambition il montait dun échelon, il entrait dans cette bourgeoisie exécrée, avec des satisfactions dintelligence et de bien-être quil ne savouait pas lui font vite retrouver sa combativité. Cependant, au milieu de cette coqueluche de tendresse pourLantier, Gervaise, les premières semaines, vécut dans un grandtrouble. Elle éprouvait au creux de lestomac cette chaleur dontelle sétait sentie brûlée, le jour des confidences de Virginie. Sagrande peur venait de ce quelle redoutait dêtre sans force, silla surprenait un soir toute seule et sil savisait de lembrasser.Elle pensait trop à lui, elle restait trop pleine de lui. Mais,lentement, elle se calma, en le voyant si convenable, ne laregardant pas en face, ne la touchant pas du bout des doigts, quandles autres avaient le dos tourné. Puis, Virginie, qui semblait lireen elle, lui faisait honte de ses vilaines pensées. Pourquoitremblait-elle? On ne pouvait pas rencontrer un homme plusgentil. Bien sûr, elle navait plus rien à craindre. Et la grandebrune manœuvra un jour de façon à les pousser tous deux dans uncoin et à mettre la conversation sur le sentiment. Lantier déclaradune voix grave, en choisissant les termes, que son cœur étaitmort, quil voulait désormais se consacrer uniquement au bonheur deson fils. Il ne parlait jamais de Claude, qui était toujours dansle Midi. Il embrassait Étienne sur le front tous les soirs, nesavait que lui dire si lenfant restait là, loubliait pour entreren compliments avec Clémence. Alors, Gervaise, tranquillisée,sentit mourir en elle le passé. La présence de Lantier usait sessouvenirs de Plassans et de lhôtel Boncœur. À le voir sans cesse,elle ne le rêvait plus. Même elle se trouvait prise dunerépugnance à la pensée de leurs anciens rapports. Oh! cétaitfini, bien fini. Sil osait un jour lui demander ça, elle luirépondrait par une paire de claques, elle instruirait plutôt sonmari. Et, de nouveau, elle songeait sans remords, avec une douceurextraordinaire, à la bonne amitié de Goujet. Le passage souligné est la clef de tout le caractère : cette Nana, dailleurs, est la suite, le développement de la Nana que nous avons vue lœuvre dans LAssommoir : nayant pas assez de cœur pour être méchante, elle aurait peut-être pu prendre de la raison si elle sétait développée dans un autre milieu ; mais dans la boue où elle a poussé, elle a puisé toute une sève mauvaise Un peu plus loin, dans les notes dont nous venons de citer quelques fragments, on peut lire cette phrase profonde :-Coupeau est sur la même longueur dondes.Coupeau, aussi, ne comprenait pas..qui approuvait vivement ses souhaits Le texte passe ainsi de la machine-homme à lhomme-machine. Il ne put achever. Elle sétait levée, en comprenant que Goujetla croyait remise avec Lantier, comme le quartier laffirmait. Et,les bras tendus, elle cria : Tu peux utiliser laxe de la temporalité présent, passé, futur en notant les temps grammaticaux employés.
Mais il fut interrompu par le sergent de ville, dont lesmoustaches et limpériale rouges remuaient dans sa face blême.
Dans un autre registre, ce mirage du beau monde, qui contraste avec lenfance dune fille de fermiers qui a écrémé le lait dans les étables, est à rapprocher de lexistence dune Gervaise Macquart qui ambitionne secrètement de sembourgeoiser. Devenir patronne et tenir salon ; avoir sa niche et sa pâtée, voilà le grand rêve. De fait, laccession au monde petit bourgeois passe par le statut de propriétaire ; la joie de Gervaise nest pas feinte car, à vingt-huit ans, la vie daigne enfin lui sourire ; na-t-elle pas une belle boutique, de nombreuses pratiques? En quatre jours, la boutique devait être prête. Les travaux durèrent trois semaines Cétaient des réflexions interminables, des rêveries profondes pour un clou à arracher Dans le quartier, la nouvelle boutique produisit une grosse émotion 5. Remarquons que cest dans un univers menaçant, où langoisse et la chimère coexistent fraternellement, que Gervaise et Emma recherchent un havre de félicité. Chacune des trames romanesques développe une thématique du trou, du nid, du petit logis intime auquel Jacques Dubois croit pouvoir rattacher la plupart des préoccupations conscientes et des images inconscientes qui gouvernent le psychisme de lhéroïne et qui, partant, déterminent la structure même du roman 6. La boutique est la forme privilégiée de ce nid : Gervaise y trouve calme, douceur et amour ; pour Emma, la béatitude ne peut provenir que de la propriété du marquis dAndervilliers dexistence. Et elle dit encore, lentement, sans transition.
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